Partager l'article ! LE REVE N° 4 DES MILLE ET UNE NUITS: Dinarzade regarda Séhérazade d’un ai ...

Dinarzade regarda
Séhérazade d’un air soupçonneux :
- Voulez-vous, ma soeur, m’expliquer
ce qui nous arrive ? Nous sommes entrain de voler comme des oiseaux dans cette immense lumière et vous avez l’air émerveillée comme si nous montions au paradis. Où sommes-nous vraiment ? Quelle est donc cette lumière au sein de laquelle nous planons ? Qui sont ces formes qui nous entourent ? Et que sommes-nous entrain de vivre en ces instants ?
Séhérazade prit un air vexé :
- Pourquoi me regardez-vous, ma soeur, de cet air plein de soupçon ? Et que dois-je donc vous expliquer en ces instants où la réalité dépasse la fiction ?
Dinarzade se fâcha :
- C’est bien vous, ma soeur, qui avez cherché à créer cette réalité qui dépasse la fiction.
Maintenant, il faut que vous assumiez pleinement votre responsabilité. Nous étions assises tranquillement dans ce bateau qui faisait la traversée de la mer quand vous
avez jeté vos curieux pantacles aux vagues, vous nous avez fait sentir votre fameux parfum magique et vous m’avez demandé de réciter avec vous cette prière ;
« Nous sommes le canal des miracles, nous sommes le carrefour des grâces, nos cœurs sont le siège des espérances, nous attirons le Vrai, nous attirons le Beau, nous attirons le Juste, nous
montons et nous nous élevons... "
Nous sommes entrain de monter encore et toujours. Voulez-vous me dire, enfin, où planons-nous comme cela parce que si nous continuons de nous élever, à un moment ou à un autre nous rencontrerons
un obstacle et nous ferons une chute libre mortelle ? D’ailleurs, je me demande vraiment si nous sommes encore en vie car j’ai l’impression d’avoir laissé mon corps sur le bateau. Je suis
même convaincue que c’est seulement mon âme qui plane.
Séhérazade essaya de rassurer sa soeur :
- Certes, nous baignons dans un nuage de lumière mais nous sommes vivantes. A vrai dire, nous évoluons au milieu des Houris du paradis. Remarquez comme elles sont très belles…
Dinarzade demanda en ricanant :
- Quel paradis ? Comme vous y allez et qui vous dit que ce fameux paradis existe seulement, hein ? Et même si le paradis existe, croyez-vous qu’on vous ouvrira la porte pour vous laisser semer le désordre au sein de ce royaume céleste ? Savez-vous que vous êtes une créature surprenante ?...
Séhérazade leva la main fermement. Avec ce signe, elle demandait la permission d' interrompre cette discussion qui commençait à dévier. Dinarzade se tut et inclina
la tête. Séhérazade essaya de rectifier les commentaires erronnés de sa soeur :
- Ce matin, vous m' avez demandé de vous raconter mon rêve. Vous avez insisté tellement de fois que j' ai fini par accepter. Mais au lieu de vous narrer l' histoire,
j' ai préféré vous faire découvrir directement ce que j' ai vécu. Je persiste de dire que nous sommes au Ciel et nous sommes entourées des Houris. Vous avez le droit de ne pas me croire, ma
soeur, mais je ne vous permets pas de me juger. Seule une créature qui est un modèle est en mesure de le faire. Vous n' êtes point cette créature et vos jugements souillent votre coeur. Ne jugez
pas car même le Créateur, qui est parfait, ne le fait pas. Et vous n' êtes qu' une créature avec vos qualités mais avec vos lacunes.
Dinarzade s' excusa en sanglotant :
Ma soeur, excusez-moi, mais je voulais une histoire et vous me faîtes découvrir les mystères...Je suis éblouie
par tant de merveilles...Nous sommes dans ces univers où vibre l' Amour et mon esprit a beaucoup de mal à accepter ces réalités.
Séhérazade lui prit les mains et l' encouragea :
- Nous sommes en sécurité ici et nous vivons l' envol sacré. Alors calmez-vous, ma soeur, et appréciez ces
beautés divines qui nous entourent. Gravez ces souvenirs dans votre coeur et rendez louange au Grand Architecte.
Chères lectrices, chers lecteurs, avez-vous découvert le secret du jour et du papillon qui courtise la rose ?
Avez-vous apprécié le lever du soleil et contemplé les merveilles ? Les mystères nous affleurent.
Eléonor GOSSELIN
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