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A dix heure précise de cette matinée ensoleillée les réjouissances avaient commencé par un chant patriotique " Hymne à la Mère-Patrie " qui était une mélodie bercée par le rythme des siècles et par la générosité de la Justice.

C'était une reconnaissance envers la Terre et envers le coeur de l'Univers mais c'était surtout un appel lancé à l'empereur ALEM et à tous les peuples de l'Empire du Soleil MÛ pour travailler au service de l'Oeuvre Divine.

C'était Onor Malak qui avait composé cet hymne sublime qui rendait grâce au Créateur et qui chantait la terre de la Mère-Patrie,  cet immense empire du soleil qui s'étendait sur la presque totalité de la Terre d'est en ouest.

Après avoir écouté et apprécié le chant patriotique de la belle danseuse, Ozour, prince et ministre de la guerre et des armes explosa dans un flot de joie :
- Ainsi, nous avons, à présent un hymne à la Mère-Patrie MÛ. C'est très bien. Aujourd'hui commence mon bonheur. J'aime cette danseuse jusqu'à en devenir fou d''amour. C'est la personne que j'ai toujours cherchée. Elle est mon égale. Aux orties les armes, au diable les guerres. Nous avous besoin d'amour, de musique et de paix.

L'empereur ALEM le regarda avec dureté et se dressa hors de lui :
- A vrai dire, cette danseuse est trop noble pour être l'égale de qui que ce soit. Elle est elle-même, mais elle est le diamant que nous recherchons tous au fond de nos coeurs. Nous avons tous apprécié sa danse et son hymne parce que leur compréhension nous mène vers nos propres vérités. Nous avons failli par excès d'orgueil et par ignorance. A partir de cet instant, nos armes seront l'écoute; l'écoute des autres et l'écoute de nous mêmes.
Les tranchants de nos lames seront la sagesse et la paix pour guider nos peuples vers leur bien-être et leur sérénité. Nos guerres seront celles du point d'équilibre, de la justice et de l'harmonie pour que chacun de nos sujets retrouve ce qui lui est dû et ce qui est essentiel pour lui. Remarquez comment je suis l'esclave de la colère et comment je dépense une grande énergie à m'énerver contre vous parce que, tout simplement, vous avez osé exprimer votre amour envers cette merveilleuse créature qui, reconnaissons le, envoie chacun de nous vers son propre sang.
Et pourtant, je suis le plus grand empereur de tous les temps et je suis sensé être maître de moi-même et maître de la colère. Mais, c'est ma propre colère qui me nargue et qui me vainc. Si je suis vaincu par mon impulsivité moi, l'empereur absolu qui possède toutes les richesses, serai-je en mesure de vaincre la révolte de milliers de personnes qui manquent de tout ?

L'empereur ressentit une grande amertume et une immense pitié s'empara de lui-même. Mais, cet instant était celui de sa vérité et il fallait aller jusqu'au bout des choses. Il sanglota :
- Notre sang est celui de la Mère-Patrie MÛ, cette chère patrie que nous exploitons à feu et à sang pour satisfaire nos propres désirs. Nous avons fait preuve de violence et de terreur contre des personnes qui se sont agenouillées passivement devant nous. Avions-nous été humains avec eux ? Avions-nous respecté leur faiblesse et avions-nous cherché à les aider à se gouverner eux-mêmes ? L'hymne dit que tout empereur peut régner en paix à condition que chacun de ses sujets vive la paix en soi-même.
Avons-nous commis des erreurs ? Qu'avons-nous offert à ces frères et à ces soeurs dans l'humanité ? Qu'avons-nous fait pour tous ces peuples qui composent la Mère-Patrie MÛ ? A écouter cet hymne, le sang monte en nous. Le sang monte en nos coeurs. Ozour, vous qui êtes l''un des hommes les plus puissants de cet empire, vous savez que nous avons failli à notre devoir.
La plupart de nos peuples ont avalé des couleuvres sans brancher. Nous avons fait des blessures à leur dignité et déçu leur espoirs. Nous leur avons promis monts et merveilles mais nous les avons habitués aux renoncements et à la tristesse. Nous avons violé leur foi en un avenir meilleur et brisé leurs espérances. Nous, la petite minorité qui vivons dans le luxe, ignorons ou plutôt préférons ignorer les appels au secours de cette majorité qui nous avait fait confiance. Est ce vrai ce que nous pensons ? 

Le ministre des armes et de la guerre préféra adoucir les réflexions de l'empereur ALEM :
- Votre majesté a toujours été bonne pour vos sujets et si faute il y a, c'est celle du gouvernement qui a failli à ses devoirs. Sire, je peux témoigner en mon âme et conscience que vous avez, toujours, été juste envers tous ceux qui s'adressent à vous...

L'empereur le regarda avec bienveillance et sans transition posa la question qui lui brûlait les lèvres :
- Qui est cette danseuse et d'où vient-elle ?
Ozour s'empressa de répondre :
- Cette danseuse s'appelle Onor Malak et elle vient du vassal du Sud, plus exactement du pays oriental Ormin. Son histoire est extraordinaire car elle préfère la défense des opprimés aux sceptres et aux trônes. C'est une princesse qui a vécu dans le luxe extrème mais l'esprit de la sagesse l'habite. La sagesse, qui est la source de tous les biens et de toutes les richesses, guide ses pas et lui fait voir à son coeur ce qui est invisible à nos yeux. Avec sa danse, ses poèmes et sa musique, elle cherche à vous faire entendre la voix de ces peuples qui sont nos peuples, qui sont les citoyens de notre continent, mais que nous...

Ozour se tut car il s'était senti très mal. Une tristesse très pesante l'enveloppa et il réalisa soudain que le tableau de sa vie était noir d'injustice et rouge du sang de ces milliers de victimes qu'il avait massacrées au nom d'une race qui se croyait supérieure et qui voulait exploiter, à fond, les peuples des vassaux. Il avait honte de lui-même et les nouvelles salves de regrets lui envoyaient le reflet de sa propre image : un tortionnaire. Il était un bourreau et cette danseuse était un témoignage poignant de plusieurs peuples tourmentés mais toujours fiers et dignes.

Un sentiment de grande colère s'empara de lui et il continua :
- Cette sublime danseuse défend ces peuples, nos concitoyens qui, après nous avoir fait confiance, ont fini par tomber dans la méfiance...
L'empereur ALEM qui voulait protéger son honneur d'empereur était enclin à comprendre les révoltes des peuples des vassaux et il confirma :
- Avoir tant fait confiance pour souffrir et tomber dans la méfiance ! Ces peuples, longtemps ignorés et humiliés, commencent à se révolter. Et ils ont raison de faire entendre leur voix. D'ailleurs, c'est leur unique arme de se faire remarquer. Mais, je vous promets de redéfinir ma manière de gouverner pour que mon règne soit plus humain et plus équitable. Vous serez le premier de mes ministres à présenter votre démission.

Ozour avala, sans brancher, cet os qui lui resta à travers la gorge et qui lui fit très mal. Mais, il s'inclina avec un large sourire. Certes, il était l'un des hommes les plus puissants de l'empire MÛ mais il était habitué aux blessures, aux espoirs déçus et surtout aux renoncements. Ils s'agenouilla devant ALEM et approuva :
- Oui, votre Majesté à raison. Dès demain matin au conseil des hauts scribes je présenterai ma démission.
Et sans transition :
- Cet hymne est si magnifique qu'il en devient étourdissant. On m'a dit que c'est cette danseuse qui l'a composé. C'est elle qui a créé la chorégraphie et c'est elle qui a tout organisé du début à la fin. Regardez comme elle est illuminée par le génie. C'est une créature divine...

L'empereur ALEM approuva et de fines larmes coulèrent le long de ses joues. Ozour constata avec stupeur que le plus grand empereur de tous les temps pleurait. Son émotion doubla d'intensité et il se surprit lui-même a constater ses propres larmes qu'il ne pouvait refouler. L'empereur et lui-même étaient les premiers à avoir osé pleurer devant tout le monde. Certes, ils pleuraient d'admiration devant tant de virtuosité mais, ils pleuraient surtout de prendre conscience qu'ils avaient abusé de leur pouvoir et de leur force contre des peuples démunis et pauvres.

Ecouter cet hymne, c'était comprendre que l'arme de l'amour et de la paix pouvait résoudre tous les problèmes et toutes les révoltes des opprimés. Cet hymne porteur de sagesse les réveillait de leurs chaînes intérieures. Il les invitait à comprendre et à diffuser les principes conformes à la Règle d'Or : " Donner aux autres ce qu'on aurait aimé recevoir d'eux ". Il appréciaient être respectés et considérés, le message était de donner le même respect et la même dignité à tous leurs peuples.

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